3.33 – Partie 1

Traduit par EllieVia

6125 mots

Erin Solstice était de retour. Cette phrase ne signifiait pas grand-chose pour la plupart des habitants de Liscor et des alentours. La vaste majorité des Drakéïdes, des Gnolls, et des Humains fraîchement arrivés ne connaissait pas cette jeune femme. Et même s’ils la connaissaient, son retour ne les aurait pas intéressés.

Mais il était curieux qu’une ville abritant plus d’une centaine de milliers d’âmes en surface et presque autant en dessous, ait autant de gens qui connaissaient Erin Solstice. Et pourtant, cela dépendait des espèces. Peu de Drakéïdes la connaissaient. Et parmi ceux qui la connaissaient, seule une poignée était amie avec Erin.

Plus de Gnolls connaissaient l’existence de la fille, du moins de nom. Mais la plupart ne l’avaient jamais rencontrée. Ils comprenaient simplement que son existence faisait partie de l’embranchement plus grand d’ambitions, de triomphes et d’échecs qui faisaient partie de la lutte de leur tribu pour justifier leur place dans cette ville. Les Gnolls des Crocs d’Argent entendirent le hurlement, mais ils laissèrent leur cheffe décider de ce qui allait se passer ensuite. Elle était encore à leur tête, même si une bonne partie de son autorité était perdue.

Quant aux Humains ? On pouvait dire que tous les aventuriers, les plus importants, connaissaient Erin. Deux équipes de rang Or entendirent la nouvelle. Un groupe se montra juste intéressé et se demanda si sa place à l’auberge allait être compromise. Mais les autres furent étonnés de voir l’un de leurs membres, Halrac, sourire.

Moins d’une centaine de personnes à la surface connaissaient le visage d’Erin. Mais sous terre, les Antiniums connaissaient son nom. Même s’ils ne l’avaient jamais vue, tous les Ouvriers, et à présent tous les Soldats, la connaissaient. Parce qu’elle était importante. Elle avait parlé à la Reine. Elle avait créé des Individus, et elle était connue par le Revelantor de la Colonie. Elle était spéciale.

Mais Zel Shivertail ne savait rien de tout cela. Il n’avait que ses yeux, les quelques éléments qu’il avait entendus sur Erin, et ce qu’il avait vu. Les choses qu’elle avait abandonnées derrière elle. L’idée qu’il se faisait d’elle était forgée par son absence, par avoir constaté ce qu’elle n’avait pas fait, et les gens qui la connaissaient.

Il se planta donc au milieu de l’auberge, l’Auberge Vagabonde, et vit le retour d’Erin Solstice. Il l’entendit rire, puis s’exclamer lorsque Lyon se précipita sur elle.

« Whoa ! Hey, Lyon ! Lyonette ? C’est un plaisir de te voir, mais… est-ce que tu pleures ? »

« Tu es rentrée ! »

« Oui, oui. Mais est-ce que tu peux me lâcher ? Et Mrsha… »

L’aubergiste était coincée entre la jeune Gnolle à la fourrure blanche qui l’escaladait de partout, et la jeune femme qui était presque submergée par l’émotion. La peur, le soulagement, la surprise…

D’autres personnes vinrent encombrer l’entrée. Une Demi-Elfe aida à faire descendre la Gnolle d’Erin pendant que Lyonette la lâchait et reculait timidement d’un pas.

« Je suis désolée. C’est juste que… tu es rentrée ! »

« Oui. Merci, Ceria. Et… wow, c’est qui, ça ? »

La fille avança dans l’auberge et vit Zel. Elle se tourna vers Lyon qui s’empressa de lui expliquer.

« C’est un de mes… de tes clients ! Il dort ici. »

« Des clients ? J’ai des clients ? Tu veux dire que des gens dorment à l’étage ? Qui ? »

« Pas en ce moment… en effet, deux groupes d’aventuriers dorment à l’étage en ce moment. Toutes les chambres sont prises… »

« Comment ? Vous voulez dire qu’il n’y a pas de place pour nous ? », cria une voix masculine depuis l’extérieur de l’auberge d’un ton outragé. L’individu entra en trombes dans la salle, un jeune homme Humain à la robe sale.

« Calme-toi, Pisces. Il y a peut-être de la place — on pourrait dormir dans la salle commune. Et même s’il n’y a pas de place, il reste plein de chambres libres en ville. Probablement. »

Une Humaine, une guerrière visiblement, vêtue d’une armure de cuir léger entra derrière lui. Zel remarqua son équipement — du cuir usé, mais mal ajusté. Probablement un achat récent. Et les robes du jeune homme et de la Demi-Elfe les désignaient comme des mages. Des aventuriers ?

Puis quelqu’un d’autre entra à la suite du groupe dans l’auberge. Une créature semblable à une fourmi, avec une armure de carapace d’un brun noir, et trois bras. Zel serra les serres avant de se forcer à se détendre.

Un Antinium. La créature donnait envie à Zel de partir, ou de déclencher une bagarre. Mais il se retint. Que faisait l’un d’eux ici ?

« Excusez-moi, Capitaine, Erin, mais Termin demande où il peut faire se reposer ses chevaux. Y a-t-il une étable à proximité ? »

« Une étable ? Pourquoi est-ce que j’aurais ça ? »

« La plupart des auberges possèdent des étables, Erin. »

« Vraiment ? Oh, c’est vrai ! Hum. Non, je n’en ai pas, Ksmvr. Je crois que Termin va devoir aller installer ses chevaux en ville. Désolée ! »

« Je vais de ce pas lui transmettre ce message avec tact. »

L’Antinium ressortit. Zel n’arrivait pas à croire ce qu’il venait d’entendre. Cet Antinium avait un nom ? Et c’était un… aventurier ?

Plus rien ne faisait sens. Mais voilà que la jeune femme s’approchait de lui avec un sourire. Zel recula de quelques pas et ils se retrouvèrent face à face au milieu de la pièce.

« Bonsoir, Mademoiselle. Mille excuses, je ne crois pas que nous ayons déjà fait connaissance. Je m’appelle Zel Shivertail. »

Erin leva la tête en direction du grand Drakéïde, et cligna plusieurs fois des yeux.

« Whoa. Vous êtes grand. Hum. Salut. Je suis Erin Solstice. Je suis plus ou moins propriétaire de cette auberge, mais j’étais partie… Attends, vous avez dit Shivertail ? Est-ce que vous êtes un parent de Selys ? »

Zel haussa ses sourcils inexistants.

« Vous connaissez ma nièce ? »

« Oui, c’est une amie à moi ! C’est trop bizarre ! »

Erin dévisagea Zel avec des yeux ronds pendant un petit moment, puis revint au sujet de la discussion. Elle toussota nerveusement. Zel réalisa qu’il se tenait au-dessus d’elle d’un air un peu menaçant et essaya de se tenir différemment. Cette jeune femme ressemblait, eh bien, beaucoup à ce à quoi il s’était attendu.

C’était fâcheux.

« Eh bien, je n’étais pas là pendant un petit moment. C’était, euh, un accident, mais je suis rentrée à présent ! J’espère que Lyon — je veux dire, Lyonette, s’est bien occupée de vous ? Elle vous a nourri, a fait un peu le ménage à l’auberge, tout ça ? »

C’était une question et non une affirmation, un détail que Zel nota également. Il se força à sourire à Lyon, qui dévisageait nerveusement Erin.

« Je n’aurais pas pu demander meilleur service pendant mon séjour ici. Votre employée a fait de l’excellent travail, Mademoiselle Solstice. »

« Appelez-moi Erin ! Et c’est super ! Beau travail, Lyon. Je vais juste faire un tour… hum, faites comme chez vous, Zel ! Ceria, Pisces, je suppose que vous pouvez poser vos affaires là-bas… je veux juste vérifier… »

Elle passa devant Zel et il la vit entrer dans la cuisine. Lyon la suivit, l’air soudain très inquiet. Mrsha courut derrière les deux jeunes Humaines et Zel, occupé à lancer des regards en coin aux aventuriers, entendit Erin pousser une exclamation. Les aventuriers semblaient être en train de discuter de cette nouvelle révélation près de la porte — le [Mage] humain jetait des regards en coin à Zel, bien que le [Général] Drakéïde doutât qu’un Humain puisse le reconnaître sans une armée dans son dos.

« Hey, il n’y a rien de cassé ! Et l’auberge n’a pas brûlé ! Tout va bien ! Beau travail, Lyonette ! »

Zel plissa légèrement les yeux. Il jeta un œil en direction de la cuisine et vit Erin en sortir. Lyon paraissait soulagée. Elle discutait avec Erin qui faisait un tour du reste de son auberge.

« J’ai essayé de tout garder en état, mais j’ai dû poser les couvertures et les… trucs par terre ailleurs. J’ai acheté à manger, mais j’ai essayé de ne pas trop dépenser d’argent ! Hum, je l’ai mis… »

« Ouais, super. Tu as fait à manger ? Toute seule ? »

« Oui. Ce n’est pas très bon… »

« Tu vois, j’ai essayé de t’apprendre ! Est-ce que quelqu’un a été malade ? Et attends… »

Erin s’arrêta net devant un coin de la pièce. Elle se précipita en avant puis poussa une exclamation horrifiée.

« Hey ! Qu’est-il arrivé à mes fleurs ? »

Elle se précipita vers les boites de terre posée sur les rebords de fenêtres. Zel vit Lyon pâlir. Elle s’empressa de suivre Erin en se tordant les mains et essaya de lui expliquer.

« J’ai oublié. Je suis vraiment désolée. Je les avais tout bonnement oubliées avant très récemment. Mais lorsque je m’en suis aperçue, j’ai essayé de les arroser, et une poignée a commencé à repousser. Mais j’ai découvert quelque chose sur les fleurs. Vois-tu, quand tu étais partie, je cherchais à manger pour les Antiniums et… »

Erin l’interrompit brusquement. Elle se tracassait visiblement pour ses petites fleurs jaunes, et ne croisait pas directement le regard de Lyon. Elle était mécontente, de toute évidence, mais elle se contenta de se mordre la lèvre en se tournant pour regarder Lyonette.

« Ce n’est pas grave, Lyon. Je suppose… tu sais quoi ? C’est ma faute. Je n’aurais pas dû partir. Je peux en sauver quelques-unes, je pense. Et je veux dire, je n’aurais pas dû m’attendre à ce que tu… mais bref, c’est dommage. C’est tout. »

Il y avait un ton condescendant dans la voix d’Erin qui agaçait Zel. Elle traitait Lyon comme si cette dernière était parfaitement incompétente. Zel se souvenait que Lyon lui avait dit avoir été une imbécile par le passé, mais elle n’était plus comme ça. Et Erin ne le voyait pas.

« Je suis vraiment, vraiment désolée. Mais j’ai réussi à me servir de quelques fleurs mortes ! J’ai encore du miel… je peux te montrer ! »

Lyon voulait qu’Erin la suive dans la cuisine, mais cette dernière était retournée à ses fleurs.

« Du miel ? J’irai voir dans un petit moment. Pourquoi n’irais-tu pas, euh, aider, Lyon ? Tu peux aller chercher un peu d’eau, par exemple. Je vais préparer le dîner dans un petit moment, et ensuite, j’irai discuter avec tous ces clients… tu leur as fait à manger, préparé leurs lits, tout ça, hein ? »

« Mais je… »

Erin se retourna pour regarder Lyon, les sourcils froncés à présent. Elle prit une grande inspiration et Lyon se figea, l’air incertain.

« Écoute, Lyon, je suis vraiment contente que tu ne sois plus naze, mais laisses-moi terminer ça, d’accord ? J’irai voir… ce que tu as fait dans un petit moment. »

Là-dessus, Erin retourna à ses fleurs, examinant les dégâts sur chacune d’elle. Lyonette recula d’un pas et Mrsha se mit à courir autour de ses jambes. Elle ouvrit la bouche, puis la referma avant de regarder ses pieds.

Elle avait l’air blessée. Et c’est cela qui poussa Zel à agir. Il s’approcha, en se demandant s’il allait le regretter quand il se ferait jeter dehors. Mais il devait le dire. Erin était trop occupée à chouchouter ses fleurs, et Zel dut donc la tapoter délicatement sur l’épaule d’une griffe.

« Excusez-moi, Mademoiselle. »

***

Erin sentit le tapotement sur son épaule et se retourna. Son cœur bondit légèrement dans sa poitrine lorsqu’elle aperçut l’immense Drakéïde, Zel Shivertail, l’oncle de Selys, qui la dévisageait de tout son haut. Ce n’était pas le fait que ce soit un Drakéïde, ni même qu’il soit très grand qui la dérangeait. C’était plutôt l’expression de déplaisir peinte sur son visage.

« Excusez-moi, Mademoiselle. »

« Hum. Salut. Je peux vous aider ? »

Il était un peu effrayant. C’étaient peut-être ses cicatrices, les zones où ses écailles ne se chevauchaient pas tout à fait naturellement, ou l’immense corps musculeux de Zel. Il n’était pas aussi… épais que Relc, mais c’était de toute évidence un guerrier, lui aussi. Ses écailles vertes étaient légèrement teintées de gris, mais ce qui le distinguait vraiment, c’était son aura. Dans le sens où il en avait une.

Il semblait solide comme un roc. Ou un pilier ? Il projetait quelque chose de solide qui le rendait difficile à ignorer, ou à oublier. Ce n’était pas le genre de personne qu’on voulait fâcher.

Mais il était en colère, ou mécontent, contre Erin, pour une raison qui lui échappait. Elle essaya de lui sourire, mais il ne lui retourna pas son sourire.

« Est-ce qu’il y a… un problème ? »

Il était probablement mécontent, même s’il avait dit toutes ces gentilles choses à propos de Lyon. Erin avait peur que la fille ait fait tout un tas d’erreurs en son absence. Certes, l’auberge était en un seul morceau et tout avait l’air en place, mis à part les fleurs, mais Lyonette avait forcément foiré quelque chose. Avait-elle emprunté de l’argent pour approvisionner l’auberge ? Et pourquoi Mrsha n’était-elle pas avec Selys ? Erin avait tout un tas de questions qu’elle voulait poser à la fille en privé. Elle n’avait pas la moindre idée de la raison pour laquelle Lyonette avait été assez bête pour accepter des clients alors qu’elle ne savait pas cuisiner ou… ou qu’Erin n’était pas là.

« Comment dire ? »

Zel dévisagea fixement Erin d’un air désapprobateur, et elle se tortilla, mal à l’aise. Elle vit Ceria lever les yeux en fronçant les sourcils de l’autre côté de la pièce, mais Erin agita la main pour calmer son amie.

« Quel est le problème ? Si Lyon a fait quelque chose… je peux le régler ! »

« C’est précisément mon problème, Mademoiselle. J’aimerais, s’il vous plaît, que vous cessiez de traiter Mademoiselle Lyonette avec une telle nonchalance. Vous ne comprenez pas ce qu’elle a accompli, et vous agissez d’une manière plutôt grossière avec elle. »

De l’autre côté de la pièce, les Cornes de Hammerad restèrent silencieuses. Erin se figea.

« Ce n’est pas vrai. »

« Si, c’est vrai. »

Les yeux du Drakéïde transpercèrent ceux d’Erin.

« Je comprends que ce n’est pas ma place de vous sermonner, mais je ne peux rester assis sans rien dire. J’ai cru comprendre que vous étiez la propriétaire de cette auberge, c’est exact ? »

« Hum, oui… »

« En ce cas, pourquoi avez-vous laissé cette jeune femme toute seule, sans la moindre instruction ? Vous êtes restée absente de votre auberge pendant des semaines. Pendant votre absence, cette jeune demoiselle a dû tout gérer sans vous, et avec à peine plus d’une poignée de pièces. Si elle n’avait pas été aussi débrouillarde, elle aurait pu mourir de faim, ou être blessée. Je pense que vous savez qu’elle était bannie de la ville ? »

« Je… je le savais, mais… »

Impossible de placer un mot, Zel poursuivit, dévisageant Erin d’un regard dur en continuant de parler.

« Lyonette a pris l’affaire en main. Oui, elle a commis des erreurs, mais vous lui devez le respect, et non la condescendance. Elle s’est occupée de votre auberge en votre absence. Elle a obtenu de la nourriture, a même dérobé du miel à des abeilles Brûlecendres. Elle s’est occupée de cette petite Gnolle — et l’a même sauvée quand Mrsha s’est mise dans le pétrin. Elle m’a proposé un endroit où dormir, et elle a fait tourner cette auberge. Je ne suggère pas par là qu’elle ait pris votre place, mais elle mérite votre respect et votre reconnaissance. »

Lorsqu’il en eut terminé, personne ne put prononcer un mot. Le regard d’Erin était passé par-dessus l’épaule de Zel — elle n’arrivait pas à croiser son regard. Elle se retourna, et vit Lyonette qui se tenait à côté, et, plus bas, Mrsha qui adressait à Erin un regard de reproches.

Le visage de Lyonette était rouge pivoine et elle évitait de regarder Zel ou Erin. De son côté, Erin sentit ses joues s’enflammer. Parce que, même si ça piquait et qu’elle était un peu en colère de s’être fait sermonner, elle savait que Zel avait raison.

Il était comme un papy, même s’il n’était pas aussi vieux qu’un papy. Il était comme un papy dans le sens où il était rassurant, assez vieux, et calme — jusqu’à ce qu’il s’énerve. Et alors, c’était comme si Erin était retombée en enfance et se faisait gronder par un adulte. Parce qu’elle avait fait une erreur et devait être réprimandée.

Mais que pouvait-elle dire à présent ? Le moment de malaise s’étira, sans qui quiconque prononce le moindre mot. Zel avait croisé les bras, et Erin sentait qu’elle devait parler.

Mais que pouvait-elle dire ? Maintenant qu’elle y pensait — maintenant que l’euphorie et le soulagement d’être rentrée étaient retombés et qu’elle réfléchissait de nouveau, elle voyait vraiment que l’auberge allait bien. Super bien. Extraordinairement bien, même.

Les tables étaient propres. Le sol était propre. Il y avait du feu dans la cheminée. Les assiettes et les couverts à la cuisine avaient tous été lavés, et le garde-manger et le cellier étaient pleins. En réalité, tout était plus organisé que quand Erin était partie. Lyon n’avait aucune Compétence en ménage, mais elle avait entretenu l’auberge, et trouvé des clients. Et l’un d’eux venait de réprimander Erin parce qu’elle traitait Lyon comme une enquiquineuse.

Le visage d’Erin lui semblait bien trop chaud. Elle se tourna vers Lyon, et vit cette dernière détourner le regard. Embarrassée. Elles étaient toutes les deux embarrassées.

« Vous avez complètement raison. », déclara enfin Erin. Elle regarda Zel, puis Lyonette. « Je suis désolée, Lyonette. Je pense que j’ai cru… »

« Non, non. C’est ma faute. J’étais horrible avant ton départ. Je n’ai pas… tu as toutes les raisons du monde de croire que j’allais tout rater. », l’interrompit vivement Lyonette.

Elle semblait si différente, presque une autre personne. Erin avait beaucoup de mal à y croire. Elle n’y avait pas cru avant, ce qui était la raison pour laquelle elle n’avait pas remarqué. Mais Lyon n’était pas hautaine, elle n’était pas malpolie. Elle était plus mince, et elle semblait fatiguée, mais plus heureuse qu’Erin l’avait jamais connue.

Et Mrsha était assise à côté de Lyon, de toute évidence très attachée à elle. Erin prit une grande inspiration.

« Je suis quand même désolée. Tu as fait du super boulot. Monsieur Zel ici présent a raison. Je ne devrais pas juger. Et je suis désolée d’être partie. Je ne voulais pas, mais… tu as fait du super boulot, et je suis contente que tu aies entretenu l’auberge — et gardé Mrsha en sécurité. Merci du fond du cœur. »

Elle ne sut pas quoi ajouter. Lyon avait l’air au bord des larmes et Erin elle-même se sentait un peu émotive. Elle écarta les bras.

« Câlin ? »

Lyonette hésita, puis serra Erin dans ses bras. Elles rirent un peu toutes les deux, et Zel tourna la tête en se grattant une joue écailleuse. De l’autre côté de l’auberge, Erin crut entendre Pisces faire un commentaire, mais ce dernier fut rapidement suivi d’un glapissement lorsque Ceria lui donna un coup de pied.

Mrsha gâcha l’instant en sautant d’une table pour se jeter sur les deux filles. Elle fit de petits bruits et Erin et Lyonette poussèrent un cri de surprise avant d’éclater de rire. La Gnolle paraissait emballée par le retour d’Erin, et elle ne pouvait s’empêcher de renifler Erin, de la lécher, et de courir de partout.

« D’accord, Mrsha, je suis désolée. Je suis désolée de t’avoir abandonnée toi aussi… comment vas-tu ? »

La jeune Gnolle leva les yeux vers Erin. Elle ouvrit la bouche, hésita, puis toucha la jambe d’Erin d’une patte. Erin se pencha, et la Gnolle frotta son museau contre son visage. Elle n’était pas une chienne, et quelque chose au fond de ses yeux disait à Erin qu’elle comprenait.

« Désolée. »

Erin câlina Mrsha, puis se leva. Zel l’observait.

« Merci d’avoir dit tout ça. »

Il sourit, montrant quelques dents.

« Si vous m’aviez jeté dehors pour l’avoir dit, je n’aurais pas été surpris. Ce n’était pas ma place, mais il fallait que je dise quelque chose. »

« Non, c’est… »

Erin s’éclaircit la gorge, embarrassée. Elle devait changer de sujet de conversation. Elle se retourna et vit Ksmvr occupé à aider Yvlon à apporter la porte. Lyonette et Zel se retournèrent pour regarder fixement la porte qui pénétrait dans l’auberge.

« Est-ce que c’est… une porte ? »

Erin éclata de rire. Elle sourit à Lyonette et Zel.

« J’ai des trucs de fous à vous montrer à tous. Viens, Lyon. On peut aider les gens à sortir les affaires du chariot — il n’y a pas grand-chose — comme ça, tu pourras me raconter tout ce qu’il s’est passé pendant mon absence. »

« Et la porte ? »

« Elle est tellement cool ! »

Lyonette croisa brièvement le regard de Zel pendant qu’Erin s’empressait de s’approcher de la porte et des aventuriers. Il regardait fixement la porte et lui jetait des coups d’œil inquisiteurs. Elle haussa les épaules, impuissante. C’était Erin. Mais Lyonette ne pouvait s’empêcher de sourire. Elle sentait cette même impression d’étrangeté qui entourait la fille. D’étrangeté, certes, mais aussi d’excitation, d’aventure, de nouvelles idées et d’énergie. Si elle avait dû décrire tout cela en un mot, ç’aurait été…

Le changement.

***

Les Cherchybrides croisèrent par coïncidence la Chasse aux Griffons sur le chemin de retour à l’auberge. Ce n’était pas encore l’heure de dîner, mais les Cherchybrides avaient terminé leurs efforts autour du donjon pour aujourd’hui. La Chasse aux Griffons, en revanche, était rentrée en avance parce qu’Halrac avait entendu parler la nouvelle sur Erin.

Les deux groupes d’aventuriers se saluèrent d’un hochement de tête en arrivant à la même hauteur, mais ils n’avaient pas vraiment envie d’entamer une conversation. Ils étaient alliés dans le but d’affronter le donjon et des associés dans la même branche professionnelle, mais ils restaient pour le reste plus ou moins des étrangers.

« J’ai entendu dire qu’il y a une nouvelle aubergiste. Ou plutôt, que l’ancienne est revenue. »

« Apparemment, oui. »

Revi acquiesça plutôt froidement au commentaire de Jelaqua. La Selphide sourit et la Tissée se tourna vers Halrac.

« Elle est vraiment si importante que ça ? Pourquoi est-ce qu’on rentre maintenant ? Ne me dis pas que tu es amoureux de cette Erin Solstice. »

Halrac paraissait irrité.

« Non. Je veux juste aller voir. »

« D’accord, tant que les prix n’augmentent pas. »

Revi leva les bras au ciel et retourna parler avec Typhenous et Ulrien. Jelaqua se tourna vers les deux membres de son groupe.

« Hm. Cette Erin Solstice. On la connaît ? »

« C’est celle qui avait ce squelette, tu te souviens ? Celle qui a donné un coup de poing au guerrier Gnoll ? »

Moore sourit légèrement, et Jelaqua écarquilla les yeux à ce souvenir.

« Celle avec le squelette, c’est ça ? Bah, si elle nous tolère, je n’aurai aucun problème à avoir des morts-vivants qui vagabondent dans le coin. J’espère vraiment qu’elle ne va pas nous virer. »

« Hm. Tu l’as fait s’évanouir en t’ouvrant le torse, Jelaqua. »

« Merde. C’était elle ? Désolée, Moore, mais tu ne vas peut-être pas pouvoir t’installer ici à l’aise comme tu l’avais espéré. »

« Je suis certain qu’elle n’aura pas autant de préjugés. Aie confiance. »

Les aventuriers atteignirent le sommet de la colline, avec d’un côté les Cherchybrides qui se disputaient au sujet de ce qui pourrait peut-être changer, et de l’autre Revi qui se plaignait à un Ulrien et un Typhenous qui l’écoutaient. Halrac ignora la discussion et s’arrêta devant la porte. Il l’ouvrit, et cligna des yeux.

« Hey ! Halrac ! »

Une jeune femme qui se tenait au milieu de la pièce se tourna, et un trio d’aventuriers cessa de se débattre avec l’épaisse porte de bois pour se retourner et dévisager les nouveaux venus. Erin courut à moitié vers eux et se fendit d’un immense sourire devant Halrac.

« C’est toi qui dors à mon auberge ? Lyonette, tu n’avais pas dit que c’était Halrac qui dormait ici ! »

« Tu as dit que tu voulais avoir la surprise ! »

Lyonette s’empressa de les rejoindre, souriant à Halrac et au reste des aventuriers. Ils hésitèrent.

« Mademoiselle Solstice ? Nous n’avons pas proprement fait connaissance. Je m’appelle Ulrien. Je dirige l’équipe de ma Chasse aux Griffons. »

« Oh ! Enchantée de faire ta connaissance ! »

Erin se mit à serrer des mains. Revi s’avança, suivie de Typhenous. Halrac grogna.

« Mon équipe. On dort à ton auberge. »

« Je sais, et c’est génial. Entrez donc… désolée, j’étais devant la porte, pas vrai ? Entrez donc ! Il n’y a pas encore de quoi manger, mais… oh ! Est-ce que c’est vous, l’autre équipe de rang Or ? »

Avec un peu d’appréhension, les Cherchybrides avancèrent. Erin était occupée à regarder fixement Moore et Seborn, qui étaient tous deux habitués aux regards, mais le véritable test, c’était Jelaqua. Erin sourit à la femme puis cligna des yeux et fronça les sourcils en voyant le visage d’une pâleur mortelle de Jelaqua.

« Salut, je suis Erin. On s’est déjà vues, non ? »

« Je pense que oui. Je m’appelle Jelaqua Ivirith. Je dirige les Cherchybrides, que vous voyez devant vous. »

Erin plissa les yeux.

« Attends une seconde… tu es la nana avec la poitrine qui explose ! La Selfade, c’est ça ? »

Jelaqua acquiesça, sans prendre la peine de retenir son souffle parce qu’elle n’avait pas vraiment besoin de respirer quand elle ne parlait pas. Mais inquiète, jusqu’à ce qu’Erin lui tende la main avec un grand sourire.

« Ravie de faire ta connaissance ! »

Médusée, Jelaqua cilla devant la main tendue d’Erin. Elle hésita ; toucher la main d’un cadavre n’était une partie de plaisir pour personne, toutes espèces confondues. Mais elle ne pouvait pas le dire comme ça, et elle serra donc précautionneusement la main d’Erin. Cette dernière frissonna, mais pas de dégoût.

« Whoa. C’est froid. Oh, attends, ton corps est mort, c’est ça ? C’est tellement… eh bien, bizarre, mais j’imagine qu’on est bizarre aussi, nous autres Humains, pas vrai ? Désolée, je suis malpolie ? Attends, est-ce que je viens de dire un truc raciste ? Désolée ! »

Elle sourit à Jelaqua, puis se tourna vers Seborn et Moore.

« Et tu es un Demi-Géant ? Et un… Noyé ? Est-ce qu’il y a des femmes Noyées aussi ? Entrez donc ! Lyonette m’a dit qu’elle vous préparait des quantités astronomiques de nourriture, Monsieur Moore. Je vais voir si je peux aller acheter des assiettes plus grandes. Et des couteaux et des fourchettes plus grandes, aussi ! Oh, et vous avez peut-être besoin d’un lit plus grand ? Je peux probablement en faire fabriquer un… »

Les Cherchybrides clignèrent des yeux pendant qu’Erin les faisait entrer dans l’auberge, sans la moindre once de peur, de soupçon, ni même de malaise à être avec eux. Elle avait juste l’air curieuse et enthousiasmée par les aventuriers.

« Oh ! Et voici mes amis. Voici Ceria, Pisces, vous voyez là-bas Yvlon, et là, c’est Ksmvr… ce sont les Cornes de Hammerad, une équipe d’aventuriers comme vous ! »

Les deux équipes Or se retournèrent pour les regarder. Les Cornes de Hammerad, qui s’affairaient autour de la porte en bois, se figèrent, jetées sous les feux des projecteurs. Ceria rougit en réalisant qu’Erin les mettait au même niveau que des aventuriers de rang Or, et Yvlon eut l’air de vouloir avaler sa langue. Seuls Pisces et Ksmvr ne parurent pas mal à l’aise — Pisces soutint le regard des autres aventuriers d’un air pénétrant et Ksmvr hocha poliment la tête.

« Vous êtes une équipe d’aventuriers, maintenant ? Et tu as reformé ton ancienne compagnie, c’est ça ? »

Jelaqua s’approcha de Ceria en souriant et salua la Demi-Elfe. Ceria hocha la tête avec une certaine méfiance.

« En effet. Nous sommes une équipe de rang Argent. Nous avons, euh, escorté Erin pour qu’elle rentre à Liscor. »

« Vous venez d’où ? »

Halrac regardait Erin en fronçant les sourcils. Ce fut Pisces qui répondit.

« De Celum. »

« Comment es-tu arrivée tout là-bas ? »

Erin hésita à raconter à Halrac, mais décida d’attendre d’avoir davantage de temps.

« C’est une longue histoire. Mais je suis rentrée, et donc… voici mes amis. Ils vont dormir ici. »

« Où ? Toutes les chambres sont prises. », fit remarquer Revi en levant négligemment les yeux sur les aventuriers. Elle n’ajouta rien, mais le sous-entendu était clair. Les chambres étaient prises, et elle ne partagerait avec personne. En termes de hiérarchie, elle et le reste des aventuriers de rang Or étaient largement au-dessus d’une nouvelle équipe d’aventuriers de rang Argent.

Erin fronça les sourcils, fâchée. Les problèmes commençaient déjà ! Elle savait que Lyonette avait bien fait de réussir à attirer les autres aventuriers à l’auberge, mais où allaient pouvoir dormir ses amis ?

« Je suppose que vous allez pouvoir dormir dans la salle commune, peut-être. Mais enfin, ce n’est pas très intime… »

Pisces parut très mécontent à l’idée, et Ceria et Yvlon hochèrent lentement la tête. Lyonette se mordit la langue, puis prit la parole.

« Et pourquoi pas au sous-sol ? »

« Au sous-sol ? »

La jeune femme acquiesça en rougissant devant le regard fixe d’Erin.

« Tu en as un. »

« J’ai un sous-sol ? »

Erin réfléchit. Elle se souvenait vaguement… les Antiniums n’en avaient-ils pas construit un ? Elle suivit Lyon jusqu’à la pièce et cligna des yeux lorsqu’elle tira la trappe. Erin descendit les escaliers et poussa un cri de surprise.

« J’ai un sous-sol ! »

Elle revint à l’étage en secouant la tête, émerveillée.

« On en apprend tous les jours… hey, Ceria, tu penses que vous pourriez dormir au sous-sol ? »

Ceria échangea un regard avec le reste de son équipe et acquiesça.

« Probablement. »

« Quoi ? Il va faire froid là-dessous ! Et notre intimité ? Je m’y oppose ! », se plaignit Pisces en s’approchant à grands pas pour contempler le sous-sol d’un air dégoûté.

« Pas de problème. On peut carrément arranger ça. Il me faut juste des couvertures, un matelas, des rideaux… je parie qu’on pourrait même acheter des sommiers à Liscor ! »

« Ou on pourrait aller dormir au Lièvre en Folie. Ne serait-ce pas là une solution bien plus simple ? »

Tous les regards se braquèrent sur Pisces et il renifla. Il désigna la porte d’un geste.

« Le Lièvre en Folie… ou une auberge plus réputée, peut-être ? Ce serait bien plus efficace que de devoir s’entasser là-dessous. »

« J’ai bien peur que vous ne trouviez pas beaucoup de chambres, même si vous connaissez le ou la propriétaire de l’auberge en question. », leur lança Typhenous. Il pointa du doigt la ville que l’on voyait par la fenêtre.

« Il y a beaucoup trop de monde ici. Tous les bâtiments, les lofts, et les appartements de la ville se remplissent un peu plus chaque minute. »

Erin éclata de rire, et le vieux mage fronça les sourcils.

« Le Lièvre en Folie n’est pas ici ! C’est à Celum ! »

Tout le monde la regarda fixement. Revi répondit lentement.

« Est-ce que vous prévoyez de retourner immédiatement dans le nord, alors ? Parce que si vous comptez faire des centaines de milles juste pour dormir dans une autre auberge… »

Le reste des aventuriers pouffa de rire, mais les yeux d’Erin pétillèrent. Elle se tourna vers les Cornes de Hammerad.

« Il faut qu’on leur montre. Allez, Pisces, la porte est-elle prête ? »

Il renifla.

« La porte n’a jamais cessé d’être prête. Je m’inquiétais simplement de son emplacement… »

Erin passa devant lui et se précipita vers la porte, qui avait été posée contre un mur. Elle fit signe à Lyonette, Mrsha et Zel de s’approcher. Le Drakéïde cessa de jouer à « l’attrape-serre » avec Mrsha et s’approcha pour regarder la porte.

« Qu’est-ce donc, Erin ? »

Les aventuriers assis ou debout dans la pièce regardèrent fixement d’un air médusé la porte de bois d’apparence banale — enfin, sauf aux yeux de Typhenous et de Moore. Revi bâilla ouvertement jusqu’à ce que Typhenous lui donne un coup de coude et pointe du doigt. Elle se redressa alors sur sa chaise.

Le reste des membres d’équipes de rang Or remarquèrent le signal, et scrutèrent encore plus intensément la porte. Erin se tenait devant comme une directrice de cirque sur le point de dévoiler le plus grand numéro de la soirée.

« Allez, tout le monde, accrochez-vous bien. Il y a quelque temps, Ceria, Pisces, Yvlon, Ksmvr — ce sont les Cornes de Hammerad — sont entrés dans Albez avec cette espèce de carte. Et ils ont trouvé ça. Enfin, ils ne l’ont pas trouvé, mais… »

Erin s’interrompit en constatant qu’elle perdait son audience. Elle secoua la tête.

« Qu’importe. Mais ils ont trouvé cette porte magique. Regardez ce qu’elle peut faire ! »

Elle ouvrit la porte à la volée et écarta les bras en grand.

« C’est une porte-portail ! »

Il n’y avait pas de mur, derrière la porte. Il y aurait dû en avoir un, mais au lieu de cela, l’assemblée subjuguée vit une deuxième pièce, remplie d’étagères pleines de fioles de potion lumineuses, de paillasses avec des ingrédients réduits en poudre et des récipients de verre vide…

Et assise à une table, fredonnant une chanson à voix basse et occupée à étiqueter une bouteille, se trouvait une jeune femme à la peau sombre. Elle leva les yeux en fronçant les sourcils en entendant la porte claquer contre le mur de l’auberge d’Erin.

Octavia se figea, une bouteille de potion à la main, en voyant la pièce remplie de gens qui la dévisageaient. Elle leva les yeux sur Erin qui souriait de toutes ses dents, sur Jelaqua dont la mâchoire s’était décrochée, sur Moore, qui la regardait en clignant des yeux, puis glapit lorsqu’une silhouette blanche bondit dans sa direction.

« Mrsha, non ! »

Lyonette plongea pour rattraper la Gnolle. Elle attrapa Mrsha une seconde avant que la jeune Gnolle puisse aller semer le chaos dans la boutique d’Octavia. La Tissée glissa au bas de sa chaise.

« Qu’est-ce que c’est que ça, Erin, nom d’un chou-fleur explosif ? »

« Octavia ! Je suis de retour à mon auberge ! »

Un vacarme assourdissant emplit soudain la pièce — les deux pièces — car tout le monde se mit à parler en même temps.

« Extraordinaire ! Je n’arrive pas à y croire ! »

« Une porte magique ? »

« À Celum ? »

Tout le monde vint s’agglutiner devant la porte. Erin recula à travers et adressa un grand sourire à tout le monde pendant que Pisces essayait d’expliquer.

« C’est trop cool, pas vrai ? Je peux voyager jusqu’à Celum d’un claquement de doigts ! Et si j’avance d’un pas… »

Elle retraversa de leur côté et écarta les bras.

« Je suis à Liscor ! »

Elle repassa de l’autre côté d’un bond. Ceria fronça les sourcils et ouvrit la bouche.

« Hey, Erin, ce n’est pas la meilleure des… »

« À Celum ! À Liscor ! »

Erin bondit d’avant en arrière à toute allure. Pisces se retourna et craqua.

« Arrête ça ! Tu vas épuiser la réserve de mana ! »

« Quoi ? Oh… »

Erin se tourna à demi pour regarder Pisces en bondissant une nouvelle fois à travers la porte…

Et le portail se referma. La pièce devant ses yeux, pleine de bruit et de gens — Erin pouvait même les sentir depuis la boutique d’Octavia — disparut et laissa la place à un mur nu. Erin hésita, puis tapota lentement la pierre derrière la porte. Pleine d’espoir, elle referma la porte et la rouvrit.

Il ne se passa rien. Assise au comptoir, Octavia se frappa le front du plat de la main et gémit.

« Espèce d’idiote. »

***


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1 thought on “3.33 – Partie 1

  1. Coucou, c’est EllieVia !
    Désolée pour le délai de postage, j’ai une blessure au nerf du bras depuis deux semaines et ça a empiré hier, je n’ai donc pas pu gérer ça hier ! La publication risque d’être pas mal impactée, je ne peux pas trop écrire pour le moment… je vous tiens au courant quand j’aurai fini de régler tout ça !
    Merci pour votre compréhension et bonne lecture !

    Liked by 1 person

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